UNARMOURED : interpellante lasciveté
— Par Caro Morcos
Dans le pit de sable, une ligne de roche est placée à distance du public, rappelant un bord de scène. Il nous est donné de voir un mouvement commun de vagues érotiques. Les trois danseur·euse·s (habituellement quatre) de UNARMOURED de Clara Furey entrent en contact par des demandes non verbales, par une permission partagée dans les regards et les choix de posture.
Puis, la lenteur du début mène vers une saturation des sensations, amplifiée par la trame sonore et le lieu. Les sens n’ont pas le temps de suivre, encore moins dans le sable et sous le soleil tapant. Il y a finalement peu de place laissée à recevoir. L’érotisme laisse alors place à une faim inassouvie, à une incapacité à satisfaire le désir, se déchargeant dans l’endurance du mouvement répété d’ondulations.
Comme par accident, la ligne de roche est traversée par un⸱e danseur·euse. Sans suite. Le non-respect de ce marqueur évident me questionne. Si même cette limite (ici choisie et non imposée) peut être ainsi floutée : qu’en est-il des autres limites, y compris celles du consentement? Cela est suffisant pour me questionner sur l’esthétisme de l’érotisme que reconduit cette pièce, sans pour autant que ce soit son intention ou propos.
La composition scénique demeure captivante - surtout à trois danseur·euse·s, brisant ainsi les attendus duos. Les moments solos permettent, quant à eux, de dévoiler un autoérotisme intéressant dans son partage vulnérable, sa recherche du désir, et dans son introspection touchante.




