2 octobre 2026Critiques

She and the other(s) : intimité à distance

— Par Caro Morcos

Je me suis perdu pendant ce spectacle. Je m’en doute par les réactions enthousiastes que je ne parviens pas à partager. 

Je m’interroge alors sur ma posture de témoin, sur ma capacité à recevoir ce parcours d’autofiction personnelle qu’est  She and the other(s) d’Élodie Lombardo et Chi Long. Est-ce dû à mes propres réécritures en cours? Ai-je besoin d’un temps d’arrêt pour comprendre? Je suis, pour sûr, appelé à recevoir le spectacle d’une autre manière.

Tel qu’il est abordé durant la discussion post-spectacle, il s’agit de la première fois que Chi Long se raconte, et ce, dans toute sa carrière. Elle nous offre ainsi ses récits et sa réalité, en toute humilité. Dans cette pièce, la théâtralité lui permet de nous faire revivre ses moments de glissements, de nous partager certaines étapes de son parcours. La voir habiter la scène avec maîtrise, humour et présence est absolument enthousiasmant, et mérite un profond respect.

Cependant, je ne parviens pas à rester en relation avec l’interprète dans le cadre de cette représentation – c’est ainsi. Dans mon rôle de spectateur, je tombe dans les craques ouvertes des récits, des anecdotes. J’en reçois l’entièreté de leur violence souterraine, celle  imposée aux corps en migration, et les traumas intergénérationnels qui demeurent. Le mieux que je puisse faire est de m’autoriser à l’accueillir pleinement.

Être en assez grand nombre dans la salle me permet heureusement de vivre ce que j’ai à vivre, sans compromettre le moment de partage. Je m’apaise en voyant que la relation avec le public est là, et que le spectacle est reçu avec joie.

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