Remember that time we met in the future : ouvrir des mondes
— Par Caro Morcos
Le travail de Lara Kramer m'était apparu comme opaque, voire inconfortable, lorsque j'ai vu Them Voices, à FURIES, en 2023. Il m’a fallu prendre le temps d’explorer un rapport aux sens plus profond et vif. Comprendre que ma part d’imagination était essentielle.
Ma relation aux œuvres de Lara s’est ainsi approfondie, clarifiée. J’ai accès aujourd’hui à de multiples strates de sens qui ont leur propre manière d’être, leur propre langage non verbal, en relation aux objets. Les textures et les couleurs sont actives, autant que le poids, ce que les objets font aux corps, les souvenirs, l’évocation d’images, la poésie et les rêves dans Remember that time we met in the future.
Avec cette œuvre, la transmission de Lara Kramer se poursuit, tout d’abord parce qu’elle est incarnée par quatre artistes autochtones. Elle est aussi visible dans les objets qu’on retrouve. Bien que leur utilisation soit autre, Lara parvient à ouvrir un espace de transformation de futurs – invitant chacun·e à trouver ce que cela signifie de prendre place, et comment s’y rendre ensemble.
Les futurs espérés, mais inatteignables, dans ces œuvres précédentes sont en train de se réaliser. Se réveillent des relations, des paysages enfouis, et se crée juste assez d’ouverture entre les deux mondes pour marcher en présence des ancêtres passé·es et futur·es.
Chacune des personnes sur scène est entièrement elle-même, habitant entièrement l’espace. In a good way, shaking and hurting, grieving, healing; and as roughly and tenderly as needed.




