30 août 2026Critiques

LACTANGLU : imaginer un autre monde

— Par Gabrielle Bertrand-Lehouillier

Des êtres d’une autre galaxie nous accueillent. Dans une forêt pourtant bien terrestre, le public est transporté dans un univers alien. Pour y accéder, un portail formé de deux voitures à traverser : portes, capots et coffres arrière ouverts, guirlandes de plastique argenté, objets électroniques ou électriques pas tout à fait identifiables. Il y a tant de détails dans cette scénographie créative et décalée. En résumé, ça shine, ça a l’air techno, c’est broche à foin et ça marche.

Nous sommes invités à suivre un long vers de terre, fabriqué avec ce que je crois être des bas de nylon coloriés, dans le boisé au bout duquel nous accédons à un espace rituel. Au centre d’un tas de terre plein de glu, la déesse Composta émerge. Elle est seins nus, cinq seins précisément. Ses jambes sont enveloppées dans du saran wrap, non sans rappeler la forme d’une queue de sirène, mais au lieu de la nageoire de poisson, une poche à glaçage de pâtisserie qui dispense le gluant liquide.

C’est fait cheap et ça fait rire. J'ai quand même eu envie de pleurer quand Girl on Fire d’Alicia Keys a démarré et que la première personne s’est avancée pour aller communier. Parce que oui, nous sommes invités à revisiter nos croyances actuelles, à décrocher de l’écran pour aller jouer dans la bouette. Et les esprits créatifs de Laurence et Audrée sont tellement débordants qu’on ne peut faire autrement que de croire en la puissance de l’imagination pour rêver de nouveaux possibles qui font du bien.

Photo : ©Moïse Marcoux-Chabot

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