28 août 2026Critiques

La fierté de FURIES

— Par Gabrielle Bertrand-Lehouillier

Sur la terrasse de la Maison de la culture de Sainte-Anne-des-Monts, Alexia Vinci, artiste pluridisciplinaire de la nation mig’maq, nous invite à partager d’où on vient sans nommer de rue, de ville ou de pays. Des membres du public se présentent au micro avec fierté. « Je viens de la somme des rencontres, du ventre de ma mère, du bac à sable et de l’insouciance, du dépanneur, etc. »

Sur la terrasse de la Maison de la culture de Sainte-Anne-des-Monts, Alexia Vinci, artiste pluridisciplinaire de la nation mig’maq, nous invite à partager d’où on vient sans nommer de rue, de ville ou de pays. Des membres du public se présentent au micro avec fierté. « Je viens de la somme des rencontres, du ventre de ma mère, du bac à sable et de l’insouciance, du dépanneur, etc. »

Pour démarrer officiellement cette soirée d’ouverture de FURIES, Alexia nous souhaite la bienvenue sur le territoire autochtone Gespe’gewa’gi en pointant, en français et dans la langue de ses ancêtres, les cours d’eau des alentours aux quatre points cardinaux. Selon d’où on vient pour assister au festival, elle nous invite à reconnaître les rivières croisées au passage et la vie dont elles regorgent. S’enchaînent ensuite les allocutions protocolaires, mais je suis étonnée de rester intéressée. La fierté est sur toutes les lèvres. Une fierté fébrile, émotive, accueillante, collective. Un élan de gratitude pour l’énergie vibrante des êtres rassemblés ici m’habite.

La soirée se poursuit avec l’entrée en scène de Mithra ‘Myth’ Rabel et ses complices Samantha ‘Sam I Am’ Hinds et Jason ‘Blackbird’ Selman. Prendre sa place, prendre la parole, faire résonner sa voix, se soutenir, s’élever. Voilà ce que leur pièce, Speakeasy, a provoqué chez moi. « God did not paint her this black and beautiful for nothing ». À travers sa dextérité corporelle, la finesse de sa musicalité et sa présence solaire, ‘Myth’ me renvoie surtout la fierté de se tenir debout.

Puis le trio laisse place à un duo : celui d’Athena Lucie Assamba et Leah Danga dans African Celestial Beings. Sous un masque ancestral africain suspendu en hauteur, leur danse se déploie avec puissance et affirmation. Du début à la fin, leur performance me fait l’effet de feux d’artifices. Les artistes communiquent une énergie contagieuse qui active mon empathie kinesthésique. Hypnotisée par moment, je retiens mon souffle, je grimace, je crie, j’encourage, je déborde.

J’apprécie la force communicatrice de ces propositions qui assument un regard franc au public. Je sors exaltée, j’ai envie de bouger, de me relier aux autres et de découvrir la su

© Moïse Marcoux-Chabot

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