Falla : question de feeling
— Par Gabrielle Bertrand-Lehouillier
Au centre récréatif de Marsoui, Pia se place à la console de son, côté jardin. Julia, quant à elle, descend les gradins en enjambant les chaises de l’assistance, son strap-on-dildo devançant le reste de son corps. J’ai déjà vu Julia et Pia performer Falla en 2024 à Montréal. Je me souviens du mélange d’appréhension et de sincère amusement que j’ai ressenti alors.
Je m’esclaffe sans retenue quand le phallus de plastique rencontre le côté d’un praticable, puis le mur et l’équipement d’éclairage. Le son de ces rencontres sort des haut-parleurs. Il y a un micro caché sur le dildo. C’est loufoque et sans trop m’en rendre compte, je m’habitue à la présence proéminente du pénis.
Avec les mots d’abord, puis en mouvement, Julia nous raconte en toute confidence sa première fois : ce jour où iel a revêtu son premier gode-ceinture. Dans son récit, la personne qui l’accompagne dans cette nouvelle expérience lui demande : How does it feel? Sa réponse ne satisfait pas tout à fait et on lui redemande : No, but really. How does it feel?
Torse nu, Pia soutient le parcours de Julia avec sa guitare électrique. L’énergie et les moments d’interactions entre les deux artistes sont tantôt rock, déchaînés, puis sensuels et tendres. Des formes phalliques se dessinent sur les corps avec un rouge-à-lèvres. Des symboles binaires sont brassés comme un jeu de «52 ramasse». Et sur mes lèvres en sortant de la représentation revient cette question : But really, how does it feel?
Photo : ©Moïse Marcoux-Chabot




