2 octobre 2026Critiques

Cutting through the noise : nombreux·euses mais seul·es

— Par Caro Morcos

La pièce Cutting through the noise, d'Alexandre Morin et Mathieu Leroux, reste teintée des contraintes scolaires, ayant été créée pour la cohorte finissante de l’École de danse contemporaine de Montréal. Je me sens ainsi témoin de ce que l’œuvre permet ici, à FURIES, de réactiver. Une partition chorégraphique qui révèle principalement l’écoute spatiale de neufs jeunes interprètes. 

La configuration des danseur·euse·s dans l’espace se transforme habilement et fluidement. L’énergie, elle, se déploie et se maintient ; la concentration aussi. Cependant, malgré des intentions renouvelées et une générosité dans l’engagement corporel, il y a un certain manque de mise à jour dans la charge émotive. 

Le travail esthétique du corps-matière de Morin/Leroux accentue cet effet. Mon attention a beau se dédier au groupe autant qu’à chaque interprète, je vis moi-même une certaine distance. Je m'interroge sur ce que le cadre scolaire impose comme façons d'être au monde, d'être ensemble, de s'exprimer ainsi que sur l'invitation faite par les créateurs à l'individualisation des interprètes. 

D’une certaine manière, peu de place est laissée aux interrelations entre les neuf interprètes – peut-être est-ce dû à la pandémie et la distanciation lors de la création. J’y pense lorsqu’un duo tourne en se tenant la main – étant l’un des rares contacts physiques. L’instant devient un climax si accidentel qu’il disparaît aussitôt.

Ultimement, les interprètes traversent d’un état à un autre. La qualité de la proposition est, à mon sens, de nous inviter à être témoin de chaque étape, nous menant éventuellement, nous aussi, à la joie.

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