bang bang : hypnose sportive
— Par Gabrielle Bertrand-Lehouillier
Dimanche, 18h. Gymnase de l’école Notre-Dame-des-Neiges.
C’est la deuxième représentation de bang bang aujourd’hui. Si vous l’avez déjà vu, vous comprenez pourquoi je prends le temps de le mentionner. Parce que voir cette pièce est impressionnant en soi, mais savoir qu’elle a déjà été performée quelques heures plus tôt ajoute une couche au prodige.
On parle ici d’une danse sportive avec de hautes exigences physiques. Alors que le métronome donne le tempo, les deux interprètes impressionnent par leur écoute et le rythme soutenu qu’ils entretiendront, voire accéléreront, au fil de la performance. À un moment, non seulement ils maintiendront leur propre rythme face au métronome déphasé, mais aussi dans le silence et même, sur un air de piano lent et romantique de Debussy.
Squats, rebonds, petits sauts. Répétitions et couinements des espadrilles qui résonnent dans le gymnase. Je suis hypnotisée par la partition qui est répétitive mais malgré tout, remplie de surprises. Je n’arrive pas à croire que ça se poursuit.
Côte à côte, les artistes ne se regardent pratiquement jamais. À un moment, ils ferment même les yeux! Mais la relation qui se tisse entre leur corps est palpable et s’étend jusqu’à l'audience. Je suis assise comme une partisane au bout de mon siège et suis à bout de souffle devant ce déploiement incessant d’énergie.
Je suis renversée par la complexité rythmique de l'œuvre, éblouie par l’endurance de Nils et Manuel. J’en sors en admiration non seulement pour leurs prouesses, mais pour la capacité de l’humain à persévérer et à créer de la solidarité à travers les épreuves.
Photo : ©Moïse Marcoux-Chabot




